Chômeurs, Jeunes, Article 60,… Tous coupables ?

Si depuis 2013 le chômage est en baisse constante à Bruxelles, les chiffres masquent une réalité bien moins reluisante : la précarisation croissante des travailleurs sur le marché de l’emploi. Par exemple, 56.5%  des salariés bruxellois entre 15 et 24 ans sont aujourd’hui occupés dans le cadre de contrats temporaires, parce que « c’est mieux que rien ».

 

Cette baisse du chômage est également à relativiser en raison des nombreuses exclusions des allocations de chômage. En janvier 2015, ce sont en effet près de 50000 personnes qui sont exclues du chômage suite à la limitation dans le temps des allocations d’insertion. Depuis cette date, la mesure contribue à exclure à un rythme régulier de nombreux travailleurs sans emploi. De manière générale, la dégressivité des allocations de chômage et le durcissement des procédures de contrôle et d’activation n’ont fait que précariser les  conditions de vie des travailleurs sans emploi.

 

Des mesures ont été mises en place pour « faciliter » le travail étudiant, ce qui renforce encore plus la concurrence entre les travailleurs sur le marché de l’emploi.
Les exclusions des allocations d’insertion ont aussi contraint de nombreuses personnes à se tourner vers les CPAS de leur commune. Devant les complications administratives, d’autres ont carrément disparu des radars.

 

  • Que sont devenues ces personnes?
  • Quelles difficultés pèsent aujourd’hui sur les jeunes et moins jeunes à la recherche d’un emploi ?
  • Les contrôles de disponibilité à l’emploi sont-ils appropriés ?
  • Et si les jeunes et moins jeunes bruxellois avaient la garantie de trouver un emploi qui leur donne de vraies perspectives d’avenir ?

 

Pour discuter de ces questions et de pleins d’autres choses encore, l’Ecole Syndicale de Bruxelles, le collectif Résiste ! et les Jeunes FGTB de Bruxelles vous invitent ce jeudi 12 décembre au Dk (rue du Danemark 70b à Saint-Gilles) à partir de 18h.

La soirée débutera par un After-non-Work (verre de bienvenue) de 18 à 19h. Une saynète de mise en situation sera alors jouée et laissera ensuite place à un échange entre la salle et les intervenants, à savoir :

 

  • Yves MARTENS, du Collectif Solidarité contre l’Exclusion
  • Gérald RENIER, Ecole Syndicale de Bruxelles & collectif Résiste !
  • Catherine OPALINSKI, Jeunes FGTB de Bruxelles
  • Bruno CROP, Service Accompagnement Chômage de la FGTB Bruxelles

 

*L’Ecole Syndicale de Bruxelles est une initiative de la Centrale Culturelle Bruxelloise, avec le soutien de la FGTB Bruxelles, du Centre d’Education Populaire André Genot et du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Travailler, oui. Souffrir,non! : Construire des résistances face aux atteintes à la santé des travailleurs

En 2018, plus de 400000 travailleurs et travailleuses (+ de 10% de la population active en Belgique) étaient en incapacité de travail depuis plus d’un an, dépassant celui du nombre de chômeurs indemnisés. Principaux motifs de ces incapacités ? Les atteintes d’ordre psychique et les TMS (troubles musculo-squelettiques), pathologies largement reconnues en lien avec le stress,  l’intensification et la perte de sens lié au travail.

Loin de remettre en cause les nouvelles formes de management et d’organisation du travail, les politiques de prévention se réduisent souvent à des techniques d’adaptation des travailleurs à ces contextes de travail de plus en plus hostiles. Un marché de la souffrance se développe: modules bien-être et gestion du stress, cellules d’urgence, coach Burn out, etc.

En culpabilisant les travailleurs malades, celles et ceux « qui craquent », les « épuisés », les « vulnérables », les « trop (peu) investis » ces politiques contribuent non seulement à diviser les travailleurs mais également à évacuer les responsabilités des employeurs en niant les multiples formes de violences qui se développent dans le monde du travail.

Comment rendre visible le caractère collectif de ces atteintes à la santé et agir sur les facteurs organisationnels? Comment reconstruire un contrôle des travailleurs et travailleuses sur les questions d’organisation du travail, sur les cadences mais aussi sur le sens et la qualité du travail ?

Cette soirée-débat vise à questionner les politiques de prévention et réparation actuelles et à se donner des outils pour construire un pouvoir collectif sur nos conditions de travail et notre santé.

Programme :

17h30 : verre de bienvenue et inscription à l’Open Mic / Slam

18h : OPEN MIC SLAM (scènes ouverte à toutes et tous qui ont l’envie de partager un texte, un slam)

19h : Soirée-débat avec comme invités :

  • Jilali Laaouej, Médecin Expert Conseil de FGTB : « Comment rendre visibles les atteintes à la santé au travail ? »
  • Catherine Mathy, Centrale Générale : « Devenir acteur de changement dans votre entreprise : mise en place d’une recherche action sur les troubles musculo-squelettiques dans le secteur du nettoyage »

Rachel Carton, formatrice à l’Ecole Syndicale (CCB asbl): « Stress et souffrance éthique dans le secteur des maisons de repos : quels outils pour renforcer les collectifs de travail? »

*L’Ecole Syndicale de Bruxelles est une initiative de la Centrale Culturelle Bruxelloise, avec le soutien de la FGTB Bruxelles, du Centre d’Education Populaire André Genot et du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles.